| ACTUALITES
DU MINISTERE |
Réunion des bailleurs de fonds sur la République du Congo
Paris - 14 septembre 2004 |
Déclaration du programme des nations unies pour le Développement
|
Monsieur le Président, Madame l'Ambassadeur des Etats Unis au Congo, Mesdames et Messieurs, Permettez moi, avant toute chose, d'exprimer mes sincères remerciements à la Banque Mondiale et au gouvernement de la République du Congo pour avoir invité une nouvelle fois le Programme des Nations Unies pour le Développement à cette rencontre. Celle-ci est pour nous en effet une précieuse opportunité d'échanger entre amis nos informations et points de vues sur les défis et les perspectives de développement de la République du Congo. Je souhaiterais articuler mon propos ce matin autour de deux points: * d'abord, notre lecture du contexte politique et socio-économique du pays; ce faisant, je m'efforcerai de mettre en exergue ce qui nous paraissent constituer les principaux défis actuels. * ensuite, l'appui du système des Nations Unies, et plus particulièrement du PNUD, aux efforts du gouvernement congolais dans le processus de reconstruction nationale. 1 - Aperçu sur le contexte politique et socio-économique Depuis la dernière réunion d'information des bailleurs tenue en juillet 2003 à Paris, la République du Congo a accompli des progrès notables dans le processus de consolidation de la sécurité et de la paix sur l'étendue du territoire national. Le pays a enregistré également des avancées significatives dans le processus de construction de l'Etat de droit et dans la mise en œuvre des réformes économiques, avec l'installation de toutes les institutions constitutionnelles qui s'est achevée en 2003. Il importe cependant de souligner ici que le fonctionnement effectif de la majorité de ces institutions demande à être soutenu afin de lever les contraintes budgétaires observées et d'assurer le renforcement nécessaire de leurs capacités. La situation sécuritaire continue à s'améliorer et nous avons vu, au cours de cette année 2004, le retour des dernières vagues de personnes déplacées vers leurs lieux de résidence habituels. Signe de cette amélioration, les Nations Unies,après la phase Il à Brazzaville, ont décidé de ramener le niveau de sécurité à Kinkala, chef lieu du département du Pool, et dans d'autres localités à la phase III, alors que celui-ci se trouvait depuis 1998 en phase IV. Il convient toutefois de souligner que les conditions de vie des populations dans la plupart des villages demeurent encore précaires - et ce malgré des efforts indéniables fournis par le gouvernement, qui bénéficie à cet égard de l'assistance du système des Nations Unies et d'autres partenaires au développement. Sur le plan économique, le gouvernement a atteint des résultats encourageants dans la réalisation du programme de référence mis au point avec les institutions de Breton Woods. Ces bonnes performances économiques sont perceptibles notamment au niveau de la gestion des recettes et des dépenses publiques. La préparation du Document de stratégie de réduction de la pauvreté intérimaire (DSRP-I) a permis d'amorcer également un processus national de concertation ouverte et il convient ici de saluer l'effort fait par le gouvernement afin de rendre ce processus plus participatif. Malgré les efforts déployés, la République du Congo reste confrontée à des défis majeurs concernant principalement sur le poids de la dette, l'aggravation de la pauvreté, l'accroissement du chômage, la promotion de la bonne gouvernance, et la situation du VIH/SIDA. Il est clair que ces problèmes, qui sont d'ordre conjoncturel mais aussi structurel, sont de nature à mettre en cause la possibilité pour le pays d'atteindre les objectifs du millénaire pour le développement; c'est ce que montre le premier Rapport National sur les OMD que vient de terminer le Congo avec l'appui du système des Nations Unies et que je suis heureux de présenter ici. La réponse à ces défis appelle à la mobilisation des ressources nécessaires, tant humaines que matérielles et financières, afin d'assurer la mise en œuvre coordonnée de la stratégie de lutte contre la pauvreté aujourd'hui en cours de finalisation. Comme l'ont déjà indiqué les intervenants qui m'ont précédé, le poids de la dette publique affecte de façon significative l'économie du pays et contribue ainsi à l'approfondissement et à l'élargissement de la pauvreté. Le DSRP-I relève que près de la moitié de la population congolaise vit actuellement en dessous du seuil de pauvreté. En définitive, les effets conjugués de la précarisation des conditions de vie des familles et du chômage, particulièrement celui des femmes et des jeunes, constituent des facteurs déterminants de la propagation du VIH/SIDA. Celui-ci est devenu aujourd'hui une préoccupation majeure, à laquelle le gouvernement se doit d'apporter une réponse concertée avec ses partenaires au développement. Au demeurant, il est encourageant de voir que tous ces défis majeurs ont été clairement identifiés et pris en compte dans les axes prioritaires du DSRP-I. II - Assistance du système des Nations Unies en Qénéral et du PNUD en particulier aux efforts du gouvernement Face aux défis que je viens d'évoquer, le système des Nations Unies a amorcé le processus de programmation commune afin de soutenir les efforts du gouvernement congolais pour la construction de l'Etat de droit et la lutte contre la pauvreté. En plein accord avec le gouvernement, le système des Nations Unies s'emploie maintenant à effectuer ce que nous appelons un bilan commun de pays, avec la participation effective de ses représentants et des organisations de la société civile. Ce bilan commun analysera la situation économique et sociale du pays et analysera les priorités retenues par le gouvernement. A sa lumière, le système des Nations Unies préparera ensuite un plan cadre pour son aide au développement et présentera les axes prioritaires de la réponse commune des agences du système. Ces outils de programmation nous permettront d'ajuster les interventions des agences afin de fournir un appui cohérent, coordonné et mieux centré sur les priorités du gouvernement telles qu'énoncées dans le DSRP-I, qui doit être désormais le document de référence en matière de développement. S'agissant de la contribution spécifique du PNUD, sa stratégie d'appui aux efforts du gouvernement est présentée dans le programme pays 2004-2007 ; elle s'articule autour de trois principales composantes: la gouvernance; la lutte contre la pauvreté, et l'environnement. Ce programme pays intègre aussi trois thèmes transversaux: la lutte contre le VIH/SIDA; les problèmes spécifiques de la population féminine, et les nouvelles technologies de /'information et de la communication. Sa mise en œuvre, qui cherchera essentiellement à soutenir les efforts du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté, sera financée par le PNUD à hauteur de 4,239 millions USD. Le PNUD a choisi de privilégier la modalité d'exécution nationale pour la mise en œuvre des programmes et des projets, afin de promouvoir le renforcement des capacités nationales et de faciliter ainsi l'appropriation nationale et la pérennisation des activités. Conformément à nos nouvelles orientations, l'appui du PNUD consistera en la fourniture de services d'appui-conseil, de services d'appui au développement (gestion des projets et programmes), et de services en matière de gestion des connaissances et de l'information. Par ailleurs, je me dois de noter que le PNUD en concertation avec les autres partenaires, apporte déjà un appui technique substantiel au gouvernement dans la préparation du DSRP-I. A ce titre, la Banque mondiale et le PNUD ont conjugué leurs efforts afin d'appuyer la réalisation par le Centre National de Statistiques et des Etudes Economiques de l'enquête pauvreté qui se déroule actuellement dans de bonnes conditions. Dans ce cadre, le PNUD assure la gestion des fonds, 130 millions de Francs CFA (USD 238 488), alloués par le ministère des finances. Celui-ci a également confié au PNUD l'exécution d'une composante (la composante B) du projet d'urgence de relance et d'appui aux communautés (PURAC), dont le coût s'élève à 3 millions USD et est financé par la Banque mondiale. Bien évidemment les ressources propres du PNUD ont été mobilisées pour consolider et accélérer la mise en œuvre de ce projet. Le ministère de l'enseignement primaire et secondaire, chargé de l'alphabétisation bénéficie de l'expertise du PNUD dans la mise en œuvre de la phase préparatoire de la composante « Réhabilitation et gestion communautaire des écoles)} du projet d'appui à l'enseignement de base (PRAEBASE) qui sera financé par la Banque mondiale. L'offre de services du PNUD porte sur l'appui à la création et l'animation des comités de gestion de développement communautaire.Ces organisations à base communautaire garantiront la participation des communautés à la gestion des écoles. Au titre de la bonne gouvernance en général, et de la lutte contre la corruption en particulier, le PNUD a apporté un appui financier et technique complété par le ministère du contrôle d'Etat pour l'élaboration d'un plan de lutte contre la corruption et la mise en place d'un comité national de lutte contre la corruption déjà approuvés par le Conseil des ministres. Suite à un accord de financement conclu avec "Union Européenne, le gouvernement a confié au PNUD la gestion d'un budget de 2 millions d'Euros pour l'exécution du projet Armes contre développement qui a pour objectif la démobilisation, le désarmement, la réinsertion économique et sociale des ex_combattants. Le PNUD a également appuyé la mise en œuvre du projet de réhabilitation de pistes rurales financé par l'Union Européenne à hauteur de USD 2 003 513. En
tant que Chef de file du programme multi-pays de désarmement, de
démobilisation et de réinsertion en République du
Congo, le PNUD appuie le Haut Commissariat à la réinsertion
des ex-combattants dans la préparation du plan national de désarmement,
de démobilisation et de réinsertion. * la fourniture d'une assistance conseil ciblée; * le renforcement des capacités nationales; * et le développement des partenariats stratégiques. Une attention particulière sera accordée au partenariat avec le gouvernement. La définition de cette nouvelle vision stratégique a conduit à l'organisation de l'atelier de formation sur la modalité d'exécution nationale qui s'est tenu à Oyo en juillet 2004.Je voudrais à ce propos remercier le Gouvernement du Congo et particulièrement Monsieur le Ministre de l'Economie, des Finances et du Budget pour l'effort fait pour être à jour pour le versement de la contribution du Congo aux dépenses locales du PNUD. Conclusion Je conclurai en rappelant que la situation difficile que connaît le Congo est pour grande partie le triste résultat de longues années de conflit. Le gouvernement a pris la mesure de l'ampleur des problèmes et a défini dans le cadre du DSRP-I des stratégies de réponse appropriées aux défis actuels. D'ores et déjà, des efforts soutenus ont été faits par les dirigeants du pays et des améliorations sont visibles. Mais il est clair que la République du Congo a encore besoin d'une attention soutenue de la communauté internationale et de ressources financières importantes pour faire face aux défis actuels. |
| Haut de page |