MEFB - Déclaration de la mission effectuée en République du Congo par les services du FMI

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Communiqué de presse n° XX/XX POUR DIFFUSION IMMÉDIATE Le 3 avril 2006

Fonds monétaire international Washington, D.C. 20431 USA

Déclaration de la mission effectuée en République du Congo par les services du FMI

La présente déclaration a été publiée aujourd 'hui à Brazzaville par M. Thomas Krueger, Conseiller principal au Département Afrique du Fonds monétaire international (FMI) et M. Joannes Mongardini, Chef de mission pour la République du Congo.

"Une équipe des services du FMI a séjourné à Brazzaville du 22 mars au 3 avril 2006 pour tenir des discussions au titre de la deuxième revue dans le cadre de l'accord FRPC (Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance) qui existe entre la République du Congo et le FMI.

"Cette mission s'est effectuée dans le contexte de la récente approbation, au début de cette année (voir Conununiqué de presse No 06/46), par les Conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale, du Point de décision au titre de l'initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). L'accession au Point de décision constitue une étape déterminante dans les efforts du gouvernement pour réduire le fardeau de la dette qui pèse sur les potentialités de croissance de l'économie congolaise et pour lutter contre la pauvreté. Le gouvernement s'est engagé à mettre en œuvre des déclencheurs spécifiques pour atteindre le Point d'achèvement au titre de l'initiative PPTE, qui permettra d'annuler environ 2,9 milliards de dollars de dette extérieure nominale due par la République du Congo. Ce montant représente quelque 830 dollars par habitant dans un pays où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les déclencheurs permettant d'atteindre le point d'achèvement comprennent, en matière de stabilité macroéconomique, de réduction de la pauvreté, de gestion des finances publiques, de gouvernance et de traitement de la dette extérieure, des mesures dont la mise en œuvre pourrait prendre quelques années. Ces mesures devraient aider la République du Congo à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.


 

1 La FRPC est la facilité concessionnelle du FMI en faveur des pays à faible revenu. Les programmes appuyés par la FRPC reposent sur lcs stratégies ue réuuction de la pauvreté propres au pays, auuptées à l'issue d'un processus participatif associant la société civile et les partenaires au développement et présentées dans un Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP). Il s'agit de s'assurer que les programmes appuyés par la FRPC sont compatibles avec le cadre global visant à stimuler la croissance et à faire reculer la pauvreté. Les prêts au titre de la FRPC, accordés à un taux d'intérêt annuel de 0,5%, sont remboursables sur 10 ans, avec une période de grâce de cinq ans et demi sur le paiement du principal.


 

"En 2005, la performance macroéconomique a été dominée par le développement du secteur pétrolier. La croissance réelle du PIE s'est élevée à quelque 8%, reflétant une forte reprise de la production pétrolière ainsi qu'une ferme expansion du secteur non pétrolier. L'inflation a été modérée, atteignant 2,5%, grâce à un approvisionnement plus régulier par la ligne de chemin de fer Pointe Noire - Brazzaville. Par ailleurs, le compte courant extérieur a affiché un large excédent, traduisant une hausse des recettes d'exportation liée au prix du pétrole. La situation budgétaire s'est également améliorée, les recettes pétrolières s'étant accrues et les dépenses étant dans l'ensemble restées sous contrôle. Néanmoins, des dérapages assez marqués par rapport aux objectifs fixés pour fin septembre 2005 en matière d'excédents budgétaires ont été observés; cet écart a toutefois été comblé dans une large mesure au cours du dernier trimestre.

"Les discussions ont aussi porté sur le programme de politique économique du pays pour 2006, et particulièrement sur les mesures visant à maintenir une croissance élevée, à assurer des progrès vers la stabilisation macroéconomique et à améliorer la gouvernance. Le budget 2006 est compatible avec une croissance économique durable - dont la prévision demeure élevée, avec un taux d'environ 7,5% - et permet une augmentation significative des investissements publics en vue d'améliorer l'infrastructure énergétique ainsi que les prestations dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Les autorités ont adopté une approche prudente dans l'utilisation des recettes pétrolières en versant une partie substantielle de ces recettes sur un compte de stabilisation ouvert à la banque centrale. Les mesures budgétaires seront également appuyées par des actions d'amélioration de la gestion budgétaire, d'identification des dépenses en faveur des pauvres et de préparation d'un cadre budgétaire à moyen terme à mettre en oeuvre d'ici 2007.

"La réduction de la pauvreté demeure le principal défi à relever. Une récente enquête sur les ménages a identifié, tant en milieu urbain que dans les campagnes, de larges zones de pauvreté touchant plus de 50% de la population. Sur la base de cette enquête, et d'une autre actuellement en cours sur la démographie et la santé, les autorités ont commencé à identifier des mesures clés qui feront partie du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) final. Un processus consultatif est en cours au titre de la préparation du DSRP final et la mission a exprimé l'espoir qu'une analyse adéquate ainsi que de nouvelles vastes consultations soient réalisées avant la mise en forme finale du document prévue pour fin 2006.

"Le renforcement de la bonne gouvernance demeure une priorité et des mesures décisives dans ce domaine seront essentielles pour parvenir au progrès économique et garantir une utilisation des ressources publiques en faveur des pauvres. La mission a examiné ces questions avec des parlementaires, des syndicats, des représentants du patronat, des représentants de la société civile et des bailleurs de fonds. Dans le cadre de sa stratégie, le gouvernement s'est engagé à présenter au parlement, à la fin de cette année, une nouvelle loi anticorruption. Il sera également créé un comité anticorruption qui jouera un rôle capital dans la mise en oeuvre du programme de gouvernance.

"Les autorités entendent également se conformer aux bonnes pratiques internationales quant à l'utilisation transparente des ressources naturelles du pays. Le gouvernement mettra bientôt en place, dans le cadre de l'Initiative de transparence des industries extractives (EITI), un comité consultatif chargé de veiller à la transparence des transactions liées au pétrole. En outre, un plan

d'action sera adopté pour améliorer la commercialisation du pétrole par la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) et l'amener au niveau des bonnes pratiques internationales. Enfin, le gouvernement a amendé le code minier et entrepris deux études pour s'assurer que la production de diamants du Congo est en phase avec le processus de Kimberley.

"La mission et les autorités congolaises sont parvenues à une large convergence de vues sur l'évaluation de la performance pendant la période de revue et sur le programme de politique
é conomique pour 2006. Les discussions avec les autorités se poursuivront lors de leur prochaine visite à Washington, en marge des réunions du printemps des institutions de Bretton-Woods. Si un accord final est trouvé, et après approbation par la Direction du FMI, le Conseil d'administration du FMI pourrait statuer sur la deuxième revue du programme FRPC avant la mi-2006."

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