I
- INTRODUCTION:
A
l'initiative de la République du Congo, une réunion
des Experts des pays producteurs des diamants de la sous-région
de l'Afrique Centrale s'est tenue du 13 au 14 novembre 2004 à Brazzaville,
en vue d'examiner les problèmes d'intérêt
commun relevant du secteur des diamants bruts.
II
- PARTICIPATION
Ont
pris part à la réunion, les Experts des pays
suivants:
*
République d'Angola;
*
République Centrafricaine;
*
République du Congo;
*
République Démocratique du Congo;
*
République Gabonaise.
Ont également pris part à cette concertation les
Représentants de :
* Partenariat Afrique Canada;
*
Comité de liaison des ONG du Congo;
* Independent Diamond Valuators (IDV)
La liste des participants est jointe en annexe.
III - SEANCE D'OUVERTURE
La
cérémonie d'ouverture a été présidée
par Monsieur Philippe MVOUO, Ministre des Mines, de l'Energie
et de l'Hydraulique de la République du Congo qui a souhaité la
bienvenue et un agréable séjour à Brazzaville à tous
les Experts.
Après avoir indiqué que les pays de la sous-région
de l'Afrique Centrale possèdent un potentiel géologique étendu
et riche, il a relevé que cette richesse est insuffisamment
exploitée et rentabilisée à cause de
l'inorganisation de ses propriétaires due à l'absence
d'une conjonction de stratégie multiforme qui, pourtant
pourraient profiter aux économies de ceux-ci.
Ainsi
a-t-il suggéré aux pays de la sous-région
de développer un véritable esprit de partenariat
au sein de la CEEAC, afin de mettre un terme à toutes
les faiblesses et les égoïsmes qui empêchent
l'harmonisation des politiques existantes en matière de
la production et de la circulation des diamants bruts.
Il
a signalé que les efforts de la République
du Congo initiés par son Président, Son Excellence
Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, s'inscrivent dans cette politique.
Enfin,
il a précisé l'intérêt de
la concertation pour que l'ordre soit mis dans ce secteur éminemment
sensible du diamant où aucun Etat ne peut se sentir à l'abri
de tout dysfonctionnement dû notamment à l'épineux
problème de surveillance des frontières, à l'inefficacité du
contrôle des diamants.
IV
- DU DEROULEMENT DES TRAVAUX
IV.1-
De l'élection du bureau des travaux
Un
bureau des travaux a été mis en place par consensus
et composé ainsi qu'il suit:
Président: Louis
Marie Joachim DJAMA, Conseiller aux
Mines et à la Géologie du Ministre des Mines, de
l'Energie et de l'Hydraulique (République du Congo)
1er
Vice Président: Eduardo NETO, Directeur du Corps
de la Sécurité Diamantifère (République
d'Angola)
2e
Vice Président: Joseph IKOLI YOMBO, Directeur au Ministère
des Mines (République Démocratique du Congo)
3e
Vice Président: Clément MIERASSA, Conseiller
Economique du Ministre de l'Economie, des Finances et du Budget
(République du Congo)
IV.2- Adoption de l'ordre du jour
Après l'élection du bureau, les participants ont
adopté l'ordre du jour comportant les points suivants:
1.
réglementation minière et fiscale;
2.
circulation des diamants et contrôle aux frontières;
3. diamant alluvionnaire et artisanat minier.
IV.3- Des débats
Ouvrant
les débats, Monsieur Louis-Marie Joachim DJAMA,
Président de séance, a tenu à préciser
le but de cette concertation qui vise entre autres considérations
de permettre l'amorce d'un dialogue permanent entre les pays
producteurs de l'Afrique Centrale dans le cadre des échanges
des renseignements et des expériences.
Les
participants ont félicité l'initiative prise
par les autorités congolaises d'organiser cette réunion
et ont souhaité qu'elle se pérennise dans le cadre
de la CEEAC.
Par
ailleurs, les participants ont constaté que les efforts
de la concertation s'inscrivent aussi dans le cadre de la réalisation
du partenariat minier recommandé par le NEPAD dont les
pays de l'Afrique Centrale sont membres.
IV.3.1-
Du Débat Thématique
Après avoir suivi différents exposés sur
les législations et pratiques de chaque Etat membre, les
Experts ont relevé quelques faiblesses qui entravent l'exercice
de l'activité diamantifère au niveau de la sous-région.
Il s'agit, notamment de :
a-
au niveau de la réglementation minière et fiscale
*
la disparité des réglementations minières
et fiscales;
*
le caractère informel de l'activité diamantifère;
*
l'insuffisance des moyens financiers pour promouvoir la prospection,
la recherche et l'exploitation diamantifères;
* l'insuffisance
d'échanges d'informations entre les
pays producteurs des diamants de la sous-région;
*
le manque d'une structure autonome d'expertise et d'évaluation
dans certains pays de la sous région;
*
le manque de transparence et de la bonne gouvernance des recettes
générées par le diamant au profit de la
population des pays concernés;
b-
au niveau de la circulation des diamants et du contrôle
aux frontières
*
la perméabilité des frontières;
*
le manque de formation spécialisée des agents
de police et des douanes;
*
la faiblesse des contrôles internes dans la circulation
des diamants depuis les puits de production jusqu'à l'exportation
en passant par les bureaux d'achat d'une part, et entre pays
voisins au niveau des frontières d'autre part;
* le
manque d'informations en direction des exploitants artisanaux.
c- au niveau du diamant alluvionnaire et de l'artisanat minier
*
la non maîtrise des sites des diamants alluvionnaires;
*
la non maîtrise des intervenants (exploitants artisanaux
et négociants) dans l'activité du diamant;
*
l'existence de la contrebande et de la fraude transfrontalière
;
*
la non implication des organisations de la société civile
dans l'encadrement des exploitants artisanaux;
*
l'absence d'initiatives visant le regroupement des producteurs
artisanaux en coopératives minières;
*
le manque de formation spécialisée en faveur
des agents évoluant dans le secteur du diamant;
*
l'absence des structures de contrôle et de répression.
Les
participants ont par ailleurs noté que certains pays
ont déjà une grande expérience dans l'activité du
diamant. Il s'agit de la République d'Angola et de la
République Démocratique du Congo qui ont mis à la
disposition de la réunion quelques textes législatifs
et réglementaires
pour l'information des autres Etats. Cela permettra aux pays
membres de la sous-région de l'Afrique Centrale de trouver
des solutions à leurs problèmes dans ce secteur.
Ce qui aboutirait à terme à une harmonisation des
politiques et stratégies à mettre en place.
v
- RECOMMANDATIONS
Après de fructueux échanges, les participants
ont adopté plusieurs recommandations.
Il
s'agit de:
1-
assurer une coopération accrue entre les pays de la
sous région dans la mise en œuvre des exigences du
Processus de Kimberley visant le renforcement des mesures de
contrôle interne dans chaque pays et la lutte contre la
contrebande et la fraude transfrontalière entre les pays
de la sous-région;
2-
créer des structures autonomes et indépendantes
d'expertise et d'évaluation pour les pays qui n'en ont
pas;
3-
créer un organe sous-régional du diamant comme
organe spécialisé de la CEEAC. Cet organe constituerait
la première étape vers la mise en place d'une Organisation
Africaine du Diamant;
4-
renforcer les capacités institutionnelles des Etats
en vue d'un meilleur suivi de la circulation des diamants et
d'un contrôle efficace aux frontières.
5-
créer un cadre permanent de concertation annuelle
et rotative entre les Etats producteurs des diamants de l'Afrique
Centrale sous l'égide de la CEEAC ;
6-
mettre en place dans chaque Etat un Comité National
d'Experts associant le secteur privé et la société civile;
7-
lutter contre la corruption et la concussion dans la filière
de diamant;
8-
créer des brigades mobiles mixtes de surveillance
aux frontières en vue de lutter contre toutes formes de
trafic illicite. A cet effet, il serait nécessaire de
mettre à contribution les services de police, des douanes,
des impôts, des mines et des bureaux nationaux de l'Interpol;
9-
mettre en place des points focaux en vue de la collecte des
informations sur les transactions des diamants à partir
des puits de production jusqu'aux bureaux d'achat;
10-
assurer la formation des agents évoluant dans le
secteur du diamant;
11-
créer une équipe de vérificateurs de
la sous-région en vue de veiller à l'application
des décisions qui émaneraient de cette concertation;
12-
négocier l'assistance technique et financière
auprès de la communauté internationale en vue du
renforcement des capacités des services techniques et
des administrations minières des Etats membres;
13-
mettre en place des politiques économiques appropriées,
afin que les diamants alluvionnaires deviennent diamant de développement
pour améliorer les conditions socio-économiques
des populations;
14-encadrer
et soutenir les artisans miniers à travers
la création volontaire des coopératives d'exploitants
artisanaux sur un mode de fonctionnement défini à la
base;
15- élaborer une politique de communication orientée
vers la vulgarisation des législations nationales et internationales
entre autres, le système du Processus de Kimberley, les
accords sous-régionaux et différents codes miniers;
16-prendre en compte la dimension environnementale ;
17-mettre
en œuvre une politique de formation axée
sur le renforcement des capacités techniques, l'impact
du VIH/Sida sur l'activité, l'hygiène et la sécurité au
travail et la sensibilisation à la protection sociale;
18-tenir
régulièrement des concertations bilatérales
ou multilatérales des pays producteurs de la sous-région
dans le même cadre.
CONCLUSION
La
réunion des Experts des pays producteurs des diamants
de la sous-région de l'Afrique Centrale s'est tenue dans
un climat fraternel d'échange d'informations et de compréhension
mutuelle. Elle a permi_ l'identification de quelques faiblesses
des Etats de la sous-région
dans la filière diamant et a proposé des pistes
de solutions pouvant permettre aux Etats concernés d'y
remédier.
Pour
y parvenir, les Ministres des Etats producteurs des diamants
de la sous¬région qui se réuniront à Brazzaville
le 15 novembre 2004, devraient pouvoir adopter une déclaration
dite de Brazzaville dans laquelle ils inviteraient les autres
Etats de la sous-région et des autres sous-régions
Africaines de se mobiliser, afin d'obtenir les résultats
efficaces par la coopération entre Etats.
Fait à Brazzaville,
le 14 novembre 2004
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