1 - Dans
le cadre de la bonne gouvernance, le Gouvernement de la République
du Congo a renforcé ses opérations
de transparence pétrolière, faisant de celle-ci
le pilier principal de son programme de réformes en cours
avec les Institutions de Bretton Woods. En effet, à compter
d'août 2002 et sur instructions du Président de
la République, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU
NGUESSO, plusieurs actions ont été menées par le
Gouvernement dans le domaine pétrolier pour assurer la
totale transparence des informations, associer les parlementaires
et les populations à la gestion des revenus, mobiliser
au mieux les recettes et les utiliser pour le renforcement des
infrastructures et la réduction de la pauvreté.
A cette fin, et avec l'appui du Fonds Monétaire International
(FMI) et de la Banque Mondiale, des mesures importantes ont été mises
en œuvre et particulièrement:
*
La certification trimestrielle des recettes pétrolières
de l'Etat par un Cabinet d'audit indépendant de réputation
internationale (KPMG), retenu à la suite d'un appel d'offres
sponsorisé et financé par la Banque Mondiale (date
d'effet: Octobre 2003) ;
* L'organisation périodique par le Ministère des
Hydrocarbures et de la Société Nationale des Pétroles
du Congo (SNPC) de séminaires et journées pétrolières
'portes ouvertes' pour édifier les parlementaires et les
populations sur le développement du secteur pétrolier
et la préservation des intérêts de l'Etat
dans ce secteur (date d'effet: Novembre 2003) ;
* La
soumission systématique des comptes financiers de
la SNPC à un audit conduit annuellement par un Cabinet
de réputation internationale, sélectionné selon
les procédures compétitives de la Banque Mondiale.
Les conclusions de ces audits sont publiés sur Internet
(date d'effet: Mai 2003) ;
* L'adoption
et la mise en œuvre avec l'aide de la Banque
Mondiale du plan d'action issu des rapports d'audit de la SNPC
(années 1999-2001) pour renforcer la transparence et le
contrôle de la gestion de la SNPC (date d'effet: Mars
2004) ;
* La
publication en permanence sur sites Internet, respectivement du
Congo et du Ministère des Finances (www.congo-site.com
et www.mefb-cg.org) de toutes les informations pétrolières
pertinentes: production par champ, recettes de l'Etat, participations
de l'Etat dans les divers champs pétroliers, rapports
d'audit KPMG des comptes de la SN PC 1999-2001 et 2002, certifications
trimestrielles des recettes par KPMG, tous les contrats de partage
de production,ooetc (date d'effet: Septembre 2003) ;
* L'adhésion
du Congo à l'Initiative de Transparence
dans les Industries Extractives - EITI, dans le cadre de laquelle
la transparence pétrolière sera désormais
menée, en étroite association avec la société civile
et la Banque Mondiale que nous souhaitons retenir comme 'tiers-de-confiance'
(date d'effet: 10 Juin 2004) ; 2.
- Ces efforts de transparence dans le secteur pétrolier
ont été salués aussi bien par les congolais
eux-mêmes que par les partenaires extérieurs. En
effet, dans une lettre datée du 19 Août 2004 et
adressée au Ministre des Finances, la Coalition des ONGs
congolaises 'Publiez ce que vous payez' félicite le gouvernement
pour les progrès réalisés; le Financial
Times du 21 Avril 2004 parle de 'précédent historique'
en Afrique en ce qui concerne le détail des informations
publiées; et le DFID britannique dont les responsables
ont visité nos sites Internet se dit 'impressionné'.
Les services et le Conseil d'administration du FMI ont aussi
reconnu ces efforts lors de l'examen le 10 Juin 2004 du dossier
du Congo au titre de l'article IV. Enfin, les bailleurs de fonds
du Congo réunis le 14 Septembre à Paris et les
pays membres de la Zone Franc lors de leur rencontre d'automne
le 23 Septembre à Paris ont félicité le
Congo qui devient ainsi un modèle de transparence pétrolière
en Afrique.
3.
- Soucieux de consolider la transparence, le Gouvernement a
pris note des avis divers qui ont accompagné ces félicitations
et s'engage à appliquer l'ensemble des principes de base
de l'EITI, en associant davantage la société civile,
en adoptant les normes admises de publication des données
pétrolières, en engageant un dialogue avec les
compagnies pétrolières privées pour leur
participation au processus de l'EITI et en élaborant un
plan global dans le cadre duquel s'inscriront toutes les actions
de transparence. .
4.
- Toujours dans le cadre de son engagement pour la transparence
pétrolière, le gouvernement de la République
du Congo a décidé de rendre public le résultat
des négociations difficiles et laborieuses sur les litiges
pétroliers qui ont eu lieu avec la société Total
E&P Congo depuis 2002. A ce titre, l'Accord Général
de Transaction (AGT) qui consacre l'aboutissement de ces négociations
et la fin définitive de ces litiges a été signé le
10 Juillet 2003 entre, d'une part la République du Congo
et la SNPC, et d'autre part Total E&P Congo. Les négociations
ont porté sur les revendications suivantes du Congo: (i)
les conditions économiques du passage en 1995 du régime
de concession au régime de partage de production; (H)
le prix de cession à Elf-Aquitaine de la participation
de 25% du Congo dans le capital d'Elf¬Congo en 1995 ; (iii)
les conditions économiques et financières du Protocole
Général d'Accord (PGA) du 10 Septembre 2001 ; (iv)
les modalités de gestion des provisions pour abandon ou
démantèlements des sites de production; (v) et
la gestion des intérêts financiers sur investissements
remboursés en coûts pétroliers.
Comme
résultats de cet accord, le PGA a été réaménagé et
le montant global à verser au Congo a été arrêté à 290
millions de dollars dont 160 millions représentant la
contre-valeur du champ Likouala . Par rapport à ce montant
global, la République a perçu en 2003 la somme
de 35 millions de dollars (forfait pour divers litiges), 25 millions
(droits à huiles supplémentaires) et 80 millions
(1ère tranche de la cession par l'Etat à la société Likouala
s.a. du champ Likouala). Le solde restant représente des
sommes futures à percevoir progressivement (70 millions)
et la deuxième tranche de la cession du champ Likouala
(80 millions) dont le déblocage se fera en fonction du profil
de production de ce champ et après remboursement
par cette société de l'emprunt bancaire contracté pour
payer la première tranche à l'Etat. Toutes
ces opérations sont retracées dans les
comptes publics et particulièrement le Tableau des Opérations
Financières de l'Etat (TOFE) de 2003 arrêté avec
le FMI et il en sera ainsi pour le reste de la transaction.
Quant à la
société Total, elle a obtenu
en contrepartie le rétablissement de relations harmonieuses
de travail avec la République du Congo, le permis Haute
Mer C aux conditions économiques' et fiscales conformes
au Code congolais des hydrocarbures, et l'abandon par la République
de tout recours contre Total pour les litiges antérieurs
au 1er Janvier 2003.
5.
- Le Gouvernement de la République du Congo exprime
sa satisfaction quant aux résultats de cet accord dont
les bénéfices sont conformes aux intérêts à long
terme du peuple congolais. En plus, cet accord est équitable
et représente un compromis positif pour les deux parties
car il a permis, entre autres, d'améliorer les relations
de travail entre la République et Total E&P Congo,
et ceci est source d'une plus grande création de richesses
pour tous dans le futur.
Enfin,
comme tout ce qui précède, la transaction
relative au champ Likouala ne concerne que, d'une part la République
du Congo et la SN PC, et d'autre part Total E&P Congo; .et
tous les avantages et bénéfices qui s'y rattachent
leur reviennent et non à une tierce partie, nationale
ou étrangère, privée ou publique.
Le
Gouvernement salue l'esprit de partenariat et d'ouverture dont
a fait montre la société Total E&P Congo
dans ces négociations difficiles et laborieuses pour tous./-
Brazzaville, le 17 Nov. 2004
Le Ministre des Hydrocarbures,
Jean-Baptiste
TATI-LOUTARD
Le Ministre de l'Economie, des Finances et du Budget,
Rigobert
Roger ANDELY
Le
Ministre de la Communication, chargé des relations
avec le Parlement, Porte parole du Gouvernement,
Alain AKOUALAT-ATIPAULT
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