ACTUALITES DU MINISTERE

 

INTERVENTION DU MINISTRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU BUDGET

Monsieur le Directeur Général du FMI,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Gouverneur,

Mesdames et Messieurs,

Comme vient de la faire notre Doyen, le Ministre des Finances et du Budget du Cameroun, M. Michel MEVA’a m’Eboutou, je voudrais à mon tour remercier le Directeur Général du FMI, son collaborateur chargé de l’Afrique, M. Bio Tchané Abdoulaye et tous ceux qui les accompagnent, de partager avec nous aujourd’hui nos réflexions sur les défis des pays membres de la CEMAC (Communauté Economiques et Monétaire de l’Afrique Centrale) et le rôle que peut jouer la Communauté Internationale pour les aider à surmonter ces défis.

Monsieur le Directeur Général,

Lors de votre dernière rencontre avec les Gouverneurs africains le 25 avril dernier, ils avaient exprimé le souhait de vous voir se rendre fréquemment sur le continent. Aujourd’hui vous êtes parmi nous et nous ne pouvons qu’être satisfaits.

Mesdames et Messieurs,

Mes collègues de l’Afrique Centrale et moi-même avions relevé, à travers l’exposé de notre collègue camerounais, plusieurs défis que je voudrais résumer en 5 défis majeurs :

? Le défi de l’assainissement financier ou de la stabilisation macro-économique ;

? le défi de la dette extérieure ;

? le défi de la transparence et de la bonne gouvernance ;

? le défi de l’intégration régionale ;

? le défi de la diversification de la base de production, du renforcement de la croissance et de la réduction de la pauvreté, pour un plus grand bien-être de nos populations.

Par rapport à ces défis, et étant un partisan de ‘ l’approche à deux-piliers ’, je dirai que l’effort principal doit venir d’abord de nous-mêmes, citoyens de la CEMAC. Aussi, bien que cela n’ait pas été retenu dans le thème du jour en tant que tel, permettez-moi, pour chacun de ces défis d’indiquer au passage ce que nos pays font déjà, avant de dire ce que nous attendons de la Communauté international et particulièrement du FMI.

Monsieur le Directeur Général,

Par rapport à ces défis, qu’attendent les pays de la CEMAC de la Communauté internationale ?

? Les pays de la CEMAC attendent d’abord la reconnaissance de leurs efforts dans le rétablissement de la paix et de la démocratie, dans l’assainissement économiques, la transparence et la bonne gouvernance.

Comparés aux autres pays africains, notre appréciation collective est que nos efforts en Afrique Centrale ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur. Longtemps présentée comme une zone d’instabilité, plus personne n’en parle depuis que nous avons rétablie la paix et la stabilité politique dans l’ensemble de nos pays. Notre sous-région est aujourd’hui apaisée grâce à l’effort de nos Chefs de l’Etat qui ont réussi progressivement à mettre en place des mécanismes de concertation et de prévention des conflits efficaces. Au plan économique et financier, de la transparence et de la bonne gouvernance, des mesures courageuses ont été également prises et nous les évoquerons ici et lors des discussions bilatérales.

? Les pays de la CEMAC attendent un soutien efficace pour leur permettre d’avancer vers la signature des programmes et l’assainissement budgétaire.

Ici, la conclusion de programmes supportés par les facilités du FMI est la voie adéquate. Actuellement, seuls deux pays, le Cameroun et le Gabon, ont de tels programmes. Le Congo vient de terminer son programme de référence de plus de 20 mois et espère conclure une FRPC dans les tout prochains mois. La RCA vient d’avoir un programme post-conflit. Le Tchad est en négociation pour une nouvelle FRPC. S’agissant de l’élaboration des programmes d’ajustement, il important de les adapter, d’y introduire une certaine flexibilité pour tenir compte des spécificités des pays, par exemple ceux sortant d’u conflit comme le Congo et la RCA, ou alors des pays à revenu intermédiaire avec des indicateurs sociaux non encore satisfaisants comme le Gabon, ou alors comme le Tchad qui supporte actuellement une charge humanitaire trop lourde du fait de la crise du Darfour.

? Les pays de la CEMAC souhaitent un accès au point d’achèvement de l’initiative PPTE en vue de leur permettre de sa dégager du fardeau de la dette extérieure.

Ceci est fortement souhaitable afin de libérer des ressources internes nécessaires à l’amélioration des infrastructures économiques et sociales et, ainsi, lutter contre la pauvreté. A la date de ce jour, seuls le Cameroun et le Tchad ont atteint le point de décision de l’initiative PPTE, les deux autres éligibles, le Congo et la RCA, sont encore au point de rechercher la conclusion d’un programme FRPC avec le Fonds. Il conviendrait également de proposer des solutions adaptés pour des pays comme le Gabon, bien que non éligible à l’initiative PPTE, supporte un poids de la dette qui annihile tout effort de financement de son économie.

? Les pays de la CEMAC ont progressé dans la transparence pétrolière et la bonne gouvernance et souhaitent que la communauté internationale l’accompagne pour avancer davantage.

Faute certainement de publicité, les efforts accomplis par les pays CEMAC dans la gestion de ressources pétrolières sont peu connus et mal appréciés. Qui sont que le Gabon (depuis mai 2004) et le Congo (depuis juin 2004) ont décidé d’adhérer à l’initiative internationale de transparence pétrolière EITI ? Mis à par le Financial Times, qui sait que le Congo est l’un des rares pays d’Afrique à publier sur site internet (www.congo-site.com) toutes les données du pétrole certifiées par un cabinet international indépendant KPMG ? Qui sait que le Tchad a adopté un mécanisme institutionnel transparent de gestion des ressources pétrolières qui le rapproche de la Norvège ? Qui sait que la SNH camerounaise est l’une des premières sociétés pétrolières à être auditées par un cabinet indépendant pour le compte de la Communauté internationale ? Nous sommes modestes, tout n’est pas terminé. Aussi, il y a dans la Zone CEMAC des réflexions en cours sur la gestion des recettes pétrolières pour les générations futures, la sensibilisation et la concertation de la société civile pour cette gestion, la publication des données financières et pétrolières, la participation au mécanisme africain de contrôle par les pairs… autant de chantiers que la Communauté internationale doit accompagner.

? Les pays de la CEMAC souhaitent bénéficier du soutien technique et financier nécessaire pour accélérer la diversification de la base productive, la croissance et mieux lutter contre la pauvreté.

En effet, les pays de la sous-région se caractérisent par la dépendance de leurs économies à l’égard d’un petit nombre de produits d’exportation, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux chocs extérieurs et compromet significativement les efforts de programmation financière, de croissance durable et soutenable.

? Les pays de la CEMAC attendent de la Communauté internationale une assistance concrète pour renforcer les actions entamées au niveau de l’intégration économique.

En effet, des efforts propres importants ont été déjà réalisé pour unifier les législations fiscales et douanières et harmoniser les normes économiques, financières et statistiques. Mais on constate un moindre impact de ces dispositifs sur le développement des échanges inter-Etats. Cette situation est due, en partie, au fait que l’hostilité du milieu naturel en Zone CEMAC est un obstacle qu’il convient de surmonter par le développement des infrastructures entre les pays membres.

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