Dans le cadre de sa volonté de renforcer la crédibilité intérieure
et extérieure de l'Etat, le gouvernement a pris l'engagement,
consigné dans le cadre de ses accords avec les institutions
de Bretton-Woods, d'assainir complètement ses relations
financières avec l'ensemble de ses partenaires économiques
et sociaux.
Dans ce contexte, il a entrepris de régler de manière
définitive le problème de ses arriérés
de paiements. Vis-à-vis des créanciers extérieures,
un effort considérable a été fait et continue
d'être fait pour restaurer la crédibilité de
l'Etat afin de relancer la confiance dans l'économie congolaise
et, ainsi, attirer les investisseurs étrangers. Sur le
plan intérieur, le gouvernement a engagé le remboursement
des arriérés intérieurs afin de relancer
l'économie nationale, faciliter les relations financières
avec le système bancaire national et améliorer
la liquidité de l'économie et l'investissement
privé.
Sur ce dernier point, le gouvernement a adopté, au cours
de la séance du Conseil des Ministres du 30 décembre
2005, un plan d'apurement des arriérés commerciaux
dont la mise en œuvre a été consacrée
par le règlement d'une première tranche des arriérés
en décembre 2005. Il a également, depuis l'exercice
2004, engagé le paiement progressif du stock des arriérés
de salaires des agents de l'Etat. Enfin, pour compléter
ce plan, le gouvernement a adopté au cours de la même
séance du Conseil des Ministres, un plan d'apurement des
arriérés sociaux. Ayant résolu les problèmes
de réconciliation de certaines données qui subsistaient,
il a autorisé la publication et la mise en œuvre
du volet social du plan d'apurement des arriérés
sociaux intérieurs.
Le stock des arriérés de la dette intérieure
sociale a été audité et validé par
une commission composée par les agents de l'Inspection
Générale des Finances et de la Caisse Congolaise
d'Amortissement. La présente note présente la stratégie
d'apurement des arriérés de la dette intérieure
sociale telle qu'adoptée par le gouvernement.
1 - STRUCTURE DES ARRIERES SOCIAUX:
A l'issue du recensement effectué par l'Inspection Générale
des Finances et la Caisse Congolaise d'Amortissement, les arriérés
sociaux ont été évalués, à fin
décembre 2004, à 345,9 milliards de F CFA.
Ils comprennent:
* Les arriérés de salaires dus
aux fonctionnaires,
* Les arriérés de salaires au titre des budgets
autonomes,
*Les droits des travailleurs au titre des entreprises liquidées,
* Diverses autres obligations sociales.
Les dettes des ambassades ainsi que les arriérés
au titre des contributions aux organismes ont été également
identifiés.
1° Arriérés de salaires
A fin décembre 2004, l'Etat congolais restait débiteur
de :
- 23 mois d'arriérés de
salaires (de 1992 à 1999)
dus aux fonctionnaires de l'Etat et assimilés, pour un
total de 195 519 617 257 F CFA;
- 38 856 102 088 FCFA d'arriérés
de droits des travailleurs au titre de budgets autonomes.
2° Droits des ex-travailleurs des entreprises liquidées
L'Etat reste redevable de 36 686 229
500 F CFA de droits sociaux dus aux travailleurs des entreprises
liquidées.
3° Autres dettes sociales
Les autres dettes sociales accusaient un stock
d'arriérés
de 10,5 milliards de F CFA et s'analysent comme suit:
- Vacataires
et appelés volontaires,
- Divers remboursements.
Il s'agit des arriérés de bourses,
arriérés
d'indemnités à divers organismes de l'Etat (gouvernement,
Parlement de transition, etc.), frais de transport (bagages,
personnel), frais de scolarité et de stage.
4° Arriérés envers
les caisses de retraites
Les arriérés envers les caisses de retraites (C.R.F.
et C.N.S.S.) sont estimés à environ 54,9 milliards
de F CFA.
5° Arriérés Ambassades
et contributions aux organismes
L'Etat doit 15 642 887 642 FCFA au titre d'arriérés
dus par les ambassades à l'étranger et d'arriérés
de contributions aux organismes régionaux et internationaux.
II - PROPOSITION DE TRAITEMENT
En considération des engagements déjà pris
par l'Etat dans le cadre du programme FRPC, et pour limiter la
pression sur les Finances Publiques, il a été retenu
le calendrier d'apurement ci-après:
Pour les arriérés de salaires
et les autres dettes sociales:
Année 2004 : règlement d'un mois, soit 15 milliards
de F CFA,
Année 2005 : règlement de deux mois,
soit 30 milliards de F CFA,
Année 2006 : règlement
de trois mois, soit 45 milliards de F CFA,
Année 2007
: règlement de trois mois, soit 45 milliards de F CFA,
Année 2008 à 2010 : règlement de deux mois
par an, soit 30 milliards
de FCFA par an.
Pour les arriérés des représentations diplomatiques
et les contributions aux organismes, une règle simple
de paiement d'un montant fixe annuel de 6 milliards de
F CFA pour chacune des catégories, soit 12
milliards de F CFA,
au total sur trois ans à compter de 2006, est suggérée.
Pour les arriérés envers les caisses de retraite,
il est proposé dans une phase intermédiaire, le
règlement d'un montant de 12 milliards par an dont 6 milliards
pour chacune des caisses dans le cadre du remboursement de leurs
dépôts gelés. Le reste des montants dus aux
caisses de retraite, serait traité dans le cadre d'un
plan global d'assainissement de la situation financière
de ces institutions et de leur équilibre financier à moyen
terme qui résulterait des audits et autres travaux à réaliser
au cours de l'exercice 2006.